Mieke Gebor, quatre-vingts ans, d’origine hollandaise, arrivĂ©e aux Ătats-Unis en 1955, a fait une chute et s’est blessĂ©e. Elle se rĂ©jouit d’accueillir son petit-fils mĂ©decin, Will, accompagnĂ© de sa femme, Japonaise dâorigine qui part faire un stage Ă Osaka. Will, secouĂ© par cette sĂ©paration, reste quelques jours pour venir en aide Ă sa grand-mĂšre. Il lui pose de nombreuses questions sur son pĂšre, disparu alors qu’il avait dix ans. Mieke est obligĂ©e de plonger dans le passĂ©.
Trois voix se relaient, parallĂšlement : celle de la grand-mĂšre, qui se remĂ©more avec son regard dâenfant les quatre ans de lâoccupation allemande des Pays-Bas et sa terrible issue, « l’Hiver de la faim » de 1944-45 ; celle de son petit-fils qui, sujet Ă des accĂšs de violence irrĂ©pressible, se bat au prĂ©sent contre les non-dits, les secrets qui le perturbent sans quâil en identifie l’origine et, Ă©crite en italique, celle dâanguilles qui, mĂ©langeant monde rĂ©el et merveilleux, interviennent rĂ©guliĂšrement et commentent ce qui se passe, Ă la maniĂšre dâun chĆur antique. InspirĂ© Ă Kristopher Jansma par les rĂ©cits de sa grand-mĂšre, Le Dernier des refuges est Ă la fois le rĂ©cit historique circonstanciĂ© dâune terrible famine vĂ©cue par une enfant, une rĂ©flexion sur le poids du passĂ© et de ses traumatismes et un conte fabuleux. Un roman remarquablement construit, Ă lâĂ©criture fluide qui entrelace avec grĂące et Ă©motion histoire et destins personnels. (C.P. et A.Le.)
