Trois fois rien

TINIVELLA AESCHIMANN Catherine, JANO

Écrire un journal pour tenir ses Ă©motions Ă  distance, parler de ses timides relations aux garçons, de ses compĂ©titions de tennis (Ă  peine) mais surtout, de la place immense que prend Ă©trangement sa mĂšre, absente parce que dĂ©pressive. Faire face au pire, poser la question lancinante : est-ce que ma mĂšre m’aime, et comment ?


Trois fois rien et pourtant beaucoup. Le verre Duralex sur la couverture : Ă  moitiĂ© vide ou Ă  moitiĂ© plein ? Il Ă©voque les somnifĂšres que la mĂšre avale, il est aussi le sablier des ressentis. La prouesse de ce journal pas comme les autres est d’ĂȘtre un merveilleux roman graphique, ce qui implique une lecture et des points de vue multiples. Les dessins du pĂšre au tĂ©lĂ©phone, vu de dos, avec les bulles oĂč s’inscrivent ses rĂ©ponses, laissent deviner le dĂ©sarroi de la grand-mĂšre de l’adolescente qui n’est plus la bienvenue. Des images de chambres dĂ©sertes expriment le vide. Et pourtant, la mĂšre est omniprĂ©sente dans l’esprit de sa fille et de son mari, mari amoureux, attentif mais impuissant. Le pire finit par arriver. Suit un journal qui s’étire sur plusieurs mois, avec beaucoup de silences, le temps du deuil et des interrogations. Une pĂ©pite ! (A.-M. R.)