Usage communal du corps féminin

DOUARD Julie

Marie Marron est lente et gourde. Orpheline, elle vit chez sa tante, vieille fille aigrie et inquiète ; elle est assistante du dentiste local. Elle noue une relation avec Gustave Machin, petit être très hargneux et fort ambitieux. Il voudrait la caser au poste de secrétaire de mairie. Hélas, celui-ci est déjà occupé ! Gustave oeuvre à le libérer. La petite ville bascule alors dans un délire total sous l’influence de personnages complètement déjantés. Le maire organise un concours de beauté pour femmes mûres qui se termine en bacchanale. Gustave s’introduit dans un couvent de femmes qu’il révolutionne jusqu’à la folie… Avec cette fable, Julie Douard (Après l’enfance, NB octobre 2010) renoue avec son goût pour le loufoque. Existence médiocre aux« rêves ratatinés », désamour de soi et solitude sexuelle, affective et matérielle, tel est le triste lot de ses personnages féminins. Les hommes dominateurs et mesquins, pitoyables usagers du corps féminin, sont finement et ironiquement croqués ; les femmes sont attendrissantes dans leur libération, et l’« Institut de Récupération » devenu celui du « Renouveau Solidaire », est prétexte à quelques plaisantes critiques de notre société.