AprĂšs avoir fui sa famille, Mina, analphabĂšte et sans ressources, vit dans la rue Ă Rabat. Elle apprend par hasard que la petite fille quâelle avait eu Ă quinze ans et avait Ă©tĂ© contrainte dâabandonner, vivrait aujourdâhui, trente ans plus tard, Ă Casablanca. DĂ©cidĂ©e Ă la retrouver, elle y va, gagne un peu dâargent grĂące Ă une amie efficace et quelques menus travaux et sillonne la ville. Elle dĂ©couvre enfin lâimmeuble oĂč la jeune femme pourrait habiter, sâinstalle sur le toit puis devient bonne Ă tout faire chez son voisin de palier…
NĂ©e Ă Rabat, Souad Benkirane enseigne le français et les arts plastique Ă Agadir. Elle a contribuĂ© Ă la crĂ©ation dâune association qui Ćuvre pour lâalphabĂ©tisation oĂč elle a rencontrĂ© des mĂšres cĂ©libataires et des enfants en dĂ©tresse. On retrouve dans ce court roman, qui se lit dâune traite, une peinture acerbe, sensible et rĂ©aliste de la misĂšre humaine. Lâoppression des familles (pĂšres et frĂšres) sur les filles a des consĂ©quences sur leurs vies entiĂšres. Cependant les souvenirs de lâenfance reviennent, toujours vifs, douloureux ou heureux et le grand amour perdu reste vivant, omniprĂ©sent. Les souffrances physiques et morales, la prĂ©caritĂ© et la solitude, les sentiments forts, remords, regrets, et la recherche Ă©perdue de lâenfant disparue sont Ă©voquĂ©s avec intelligence et finesse dans une langue remarquable, affĂ»tĂ©e, parfois poĂ©tique et pleine dâhumour. (V.A. et M.S.-A.)
