Un roman américain

CARTER Stephen

Harlem, années cinquante. Eddie, jeune écrivain noir débutant, est désespérément amoureux de la belle Aurélia qui lui a préféré un homme plus en vue. Deux événements apparemment sans lien, la découverte du cadavre d’un avocat blanc, assassiné à la sortie d’une réception où se trouvait le gratin politico-financier du pays, et la disparition de sa brillante soeur le précipitent dans une quête inlassable de plus de vingt ans. Opiniâtre, il décortique peu à peu les rouages d’une obscure conspiration, sorte d’hydre à plusieurs têtes, visant l’État.

 

Auteur noir très remarqué à travers ses deux précédents romans (La dame en noir, NB juin 2009), Stephen Carter excelle dans le thriller politico-social. Passionnante, pleine de méandres, l’intrigue se noue et se dénoue sur fond de fresque des bouillonnantes années cinquante/soixante/soixante-dix aux États-Unis, époque où le problème racial générait des mouvements violents. Peinture très fine du combat et de l’évolution de la société noire, cette “obscure nation” qui a elle aussi ses codes et son intelligentsia, évocation des principaux acteurs et événements politiques (JFK, Nixon, Hoover), saga familiale et amoureuse très prenante, suspense, mystère : tout concourt à faire de ce gros roman, un peu compliqué parfois, une réussite.