Un ange noir

BEAUNE François

Employé d’une entreprise lyonnaise, Alexandre, trentenaire falot sous traitement anxiolytique, reconduit chez elle une jeune collègue : le lendemain elle est retrouvée morte dans sa baignoire. Parallèlement à l’enquête policière, aux témoignages des proches – dont une mère possessive – aux articles de presse, Alexandre, précipitamment enfui et donc suspect, consigne ses propres investigations à la recherche du jeune homme qu’il imagine être le criminel. Sa quête le conduit à fréquenter les marginaux locaux, punks consommateurs de drogues. Au jour le jour, il écrit des récits déroutants où s’entremêlent agissements concrets et élucubrations sur la société, la religion, la famille, les rapports amoureux…

 

Le héros du précédent roman de François Beaune (Un homme louche, NB octobre 2009) était un autiste aux égarements déconcertants. Dans Un ange noir l’action, initialement exposée de façon cohérente s’enfonce, au gré d’une intrigue de plus en plus complexe, dans un salmigondis désarçonnant. Une attention soutenue est nécessaire pour suivre la description des hantises individuelles, celles d’Alexandre ou de ses compagnons de hasard. La vie du narrateur, de sa naissance à sa « confession », est une accumulation d’échecs dont le déroulement dégage la vision glaçante d’un esprit dérangé en quête de sa vérité.