Mémoires des esclavages : la fondation d’un centre national pour la mémoire des esclavages et de leurs abolitions

GLISSANT Édouard

&

 

Suite au vote des parlementaires français en mai 2001 qualifiant l’esclavage de crime contre l’humanité, décision a été prise de fonder un Centre national pour la mémoire des esclavages et leur abolition, et mission donnée à l’écrivain créole Édouard Glissant d’en préciser les contours. Ses réflexions mettent en valeur l’ignorance extrême des générations actuelles, proposent des approches transversales – géographiques et temporelles – et des outils conceptuels sur la notion d’identité, pour éclairer ce drame. Le métissage, la « créolisation », est une richesse explique-t-il, c’est le rejet de ses apports qui conduit au communautarisme.

 

Contrairement à ce qu’affirme Dominique de Villepin dans sa préface, le texte est loin d’être lumineux : les phrases y sont excessivement longues, atteignant fréquemment la demi-page, le record dépassant la page et demie, les plus claires et les plus riches provenant d’écrits antérieurs (sans leurs références). Si la pensée en est élevée, parfois intéressante pour l’hyper-attentif, même s’il finit par définir plus concrètement ce que sera le futur Centre national avec ses vingt-cinq salariés, l’essai reste d’accès malaisé et inutilement compliqué.