Juliette Keating nous convie Ă une bien belle balade dans le jardin secret de lâenfance, au milieu des images des annĂ©es soixante-dix. Dans des textes courts, charmants, amusants, poĂ©tiques, qui se rejoignent parfois comme des branches entrelacĂ©es, superbement accompagnĂ©s par des dessins dâAnselme McEvoy, fleurissent les souvenirs dâenfance de lâautrice : les petits bonheurs comme les petits malheurs, tous ces instants du quotidien lĂ©gers et lourds Ă la fois, mais prĂ©cieux, qui font grandir et qui mĂšnent Ă lâĂąge adulte.
Que ce soit dans le magasin de boucherie, dans la ville de banlieue parisienne, dans la maison de ses grands-parents, Ă lâĂ©cole, Ă la piscine, chez le dentiste…, lâautrice a lâart de faire ressentir ces diffĂ©rentes atmosphĂšres et sous ce regard dâenfant puis dâadolescente qui « LĂ oĂč les adultes ont leurs discussions, peut se rendre invisible sans se cacher », de dĂ©voiler la complexitĂ© et parfois les difficultĂ©s Ă quitter le monde de lâinnocence :  « blanc des questions qui nâont pas Ă©tĂ© posĂ©es. Zone non pas vide mais matiĂšre en expansion, comme quand je regarde fixement le soleil ; … Tache aveuglante des silences vrombissant de mots tus : lâenfance ». Alors, parmi toutes les Ă©vocations familiales, surtout Ă lâhonneur des figures fĂ©minines, les pages du carnet de recettes et listes de comptes de sa grand-mĂšre, les citations de la Comtesse de SĂ©gur, nous dĂ©ambulons Ă notre tour, un sourire aux lĂšvres, le cĆur rempli de tendresse, retrouvant, le temps de cet Ă©mouvant rĂ©cit, notre Ăąme dâenfant. (C.H. et C.B.)
