L’honneur de Tamara Ivanovna.

RASPOUTINE Valentin

& &

 

Fille de la campagne, chauffeur de camion et maintenant mère de famille, elle incarne les ancestrales vertus slaves, force, honnêteté, solidarité, amour du travail et de la terre. Mais autour d’elle, la Russie post-soviétique et sa Sibérie bien-aimée ont été infectées par la gangrène du mondialisme, il n’y a plus que corruption, vol, violence, trafics honteux, marchandises de pacotille et étrangers douteux. Illustrant ce sombre constat déploré par l’auteur comme par l’héroïne, le drame se déroule : le viol de sa fille adolescente, le châtiment qu’elle inflige elle-même au violeur et son emprisonnement qui laisse sa famille à l’abandon.

 

Les émotions, les indignations, les discussions patriotiques et métaphysiques impriment à ces pages passionnées une houle véhémente, interrompue par les accalmies célébrant la nature inépuisable, source de paix et de bonheur, thème central de l’oeuvre de Valentin Raspoutine (L’incendie, N.B. oct. 1988). Son nationalisme exacerbé, son horreur de l’étranger gênent les Européens que nous sommes devenus, et la profusion redondante des sentiments lasse le lecteur accoutumé à plus de concision. Quelques scènes, cependant, parviennent à l’épique.