L’heure de la vache

STATOVCI Pajtim

Les vacances d’étĂ© au Kosovo, dans la ferme familiale, sont devenues un rituel pour la famille du narrateur, dĂ©sormais installĂ©e en Finlande. L’Ă©tĂ© 1996, son grand-pĂšre l’a fait assister au vĂȘlage de la vache. D’autres moments de cette enfance sont ancrĂ©s dans sa mĂ©moire d’adulte qui revient avec sa mĂšre dans ce territoire de leur passĂ©. Moments douloureux pour l’un et pour l’autre, diffĂ©remment marquĂ©s par la duretĂ© de la vie dans un Kosovo sans ressources et la brutalitĂ© perverse du grand-pĂšre. Le volet finlandais du souvenir n’est pas plus gai car une autre violence y imprĂšgne les souvenirs, celle d’un pays d’accueil qui n’accueille pas.

Que faire de ces dĂ©sirs de vengeance d’hier, de cette honte, de cette souffrance ? Pauvre ici, riche lĂ , coupable d’ĂȘtre parti, coupable d’ĂȘtre venu. L’écriture sauve Pajtim Statovci du silence. Aux marges de l’autofiction, elle dilate en tableaux d’une force expressive extraordinaire les temps forts d’un passĂ© mĂȘlant rĂ©alitĂ© et fantasmes, pour dire ce que la brutalitĂ© de la vie fait des hommes.  (C.B et E.M)   Â