Les Pensionnaires.

FAGUNDES TELLES Lygia

Sao Paulo, 1970. Que se passe-t-il dans la tĂȘte de trois Ă©tudiantes de vingt ans, vivant au foyer Notre-Dame-de-Fatima ? Quels souvenirs, histoire ou roman familial, quelles rages, quels espoirs ? Leurs rĂ©cits croisĂ©s nous le disent. Liao est communiste, opposĂ©e Ă  la dictature militaire, son amoureux est en prison. Lorena souffre d’une passion pour un homme mariĂ© qui la dĂ©laisse ; son frĂšre est mort mystĂ©rieusement et sa mĂšre, trĂšs riche, est encore plus perdue qu’elle. Ana Turva, enfin, magnifique mannequin, droguĂ©e, mythomane, prostituĂ©e, a pris pour confidente l’une des religieuses qui l’écoute d’une oreille Ă©tonnamment complaisante.

 

Il faut une certaine attention pour repĂ©rer les personnages en dĂ©but de lecture, mais l’on s’attache Ă  ces jeunes filles Ă  la dĂ©rive. Violence, sensualitĂ©, confidences, ce roman d’initiation publiĂ© en 1973 annonçait le ton complice de La discipline de l’amour (N.B. fĂ©v. 2003). Il est d’une Ă©criture puissante, trĂšs mĂ©taphorique, il a eu un grand succĂšs au BrĂ©sil et semble, plus de trente ans aprĂšs sa parution, d’une Ă©tonnante actualitĂ©.