Les larmes de l’assassin

MURAT Thierry

Une baraque solitaire Ă  la pointe extrĂȘme de la Patagonie. C’est lĂ  que vit Paolo – quatre/cinq ans. Arrive Angel, un tueur en fuite, qui tue ses parents, Ă©pargne l’enfant et s’installe Ă  demeure avec lui. Les mois passent. Paolo occulte peu Ă  peu ce qui s’est passĂ© et, parallĂšlement, la brute s’attache Ă  l’enfant, s’humanise. Le duo devient trio avec l’installation Ă  proximitĂ© d’un routard idĂ©aliste et poĂšte qui apprend Ă  Paolo Ă  lire et Ă©crire. L’eau manquant, les hommes et l’enfant partent pour la ville
 

 

Histoire d’amour terrible et poignante entre une victime et son assassin, peut-ĂȘtre plus impressionnante que le roman Ă©ponyme d’Anne-Laure Bondoux (Bayard, 2003) – souvent primĂ© – dont il est adapté ! La narration repose sur un rĂ©citatif constant et sobre – la voix de l’enfant – et sur des bulles rares et concises. L’un et les autres sont en caractĂšres d’imprimerie, apparentant ainsi la BD Ă  un livre Ă  texte. Les images couvrent la largeur de la page, avec des dĂ©cors Ă©purĂ©s et des personnages esquissĂ©s en touches noires se dĂ©tachant sur des aplats puissants de couleur sĂ©pia, parfois gris et bleu nuit. L’ouvrage est beau et touche infiniment.