Le jardin dévasté

VOLPI Jorge

Dévastée la vie de Leila ! La guerre d’Irak lui a ravi fille et mari. Esprit emblématique du conte oriental classique, un djinn réalise les voeux de la jeune femme et en exige un tribu cruel. Dévastée de même, la vie d’Ana, jeune Mexicaine, traumatisée, maintenant incapable d’accepter l’amour sécurisant du narrateur : un feuilleton à l’occidentale évoque leur histoire parsemée de souvenirs familiaux, d’événements actuels et de critiques sur la très violente situation politique du pays.

 

Pour cerner les destins parallèles et sans similitude de ces deux femmes meurtries, le romancier use d’expressions littéraires variées : autobiographie, journal intime, fiction, communiqués de presse, pensées, poésie. Brillant exercice où cent quatorze titres évocateurs introduisent des chapitres au style épuré. Certains, très brefs, servent la fulgurance des images, renforce le sentiment de désespérance d’êtres solitaires. Ce roman noir – on pense au Temps des cendres (NB avril 2008) – parfois cynique, toujours pessimiste, entrouvre les jardins secrets de l’auteur et laisse voir un manque de foi total dans l’humanité.