Le grand micmac des couleurs

VIANA Gonçalo

« Il Ă©tait une fois
 Â». Un conte donc ! Avec deux amis, leur chien et leur cerf-volant : rien Ă  dire.  Mais un arbre
 blanc ? De quoi reprendre l’histoire au dĂ©but : « Il Ă©tait une fois
 Â» 
 un nuage vert ! AĂŻe : ce livre est ratĂ©. Il faut se plaindre, enquĂȘter, surveiller


Ce livre est loin d’ĂȘtre ratĂ© : il propose une promenade loufoque dans le monde des couleurs. On est vite sĂ©duit par les doubles pages surrĂ©alistes qui dĂ©ploient des paysages improbables oĂč les couleurs en libertĂ© font des pieds de nez poĂ©tiques aux normes de la reprĂ©sentation.  On s’amuse aussi de ce qui est racontĂ© : la rĂ©volte de lecteurs indignĂ©s devenus personnages Ă  l’intĂ©rieur de l’histoire qui en appellent en vain Ă  une restauration du monde. La fantaisie triomphe y compris dans le texte qui propose, noir sur blanc -si on peut dire- de choisir entre des nuages-arbres et des arbres-nuages, qui explique sans sourciller qu’on fait appel Ă  un tailleur, en queue de pie et bardĂ© de mĂ©dailles, pour en finir avec le « micmac Â» ambiant. La dĂ©faite finale des tenants de l’ordre est rĂ©jouissante ! Cet album a obtenu le prix Bologna Ragazzi 2020. (C.B)