Dans la Beauce, en dĂ©but de tournage, lâacteur RomĂ©o Palladino sâinterroge sur le personnage quâil va incarner. Ă des centaines de kilomĂštres, vers Aix-en-Provence, ZĂ©lie, muette de naissance, la cinquantaine, dessine sur des Post-it en attendant la fin de la sieste de son pĂšre dont elle sâoccupe avec dĂ©vouement. Mia, la fille de ZĂ©lie, est gĂ©rante dâappartements en location saisonniĂšre dans la Beauce. Elle passe son temps libre Ă lâaĂ©roport pour proposer aux voyageurs masculins de participer au concours de la plus belle dĂ©claration dâamour sur messagerie mobileâŠ
RĂ©sumer le folioscope à une histoire de Post-it ne rendrait pas justice au pouvoir dâimagination et de crĂ©ation de Magali Desclozeaux. Tout dĂ©marre des papillons autocollants que ZĂ©lie utilise, comme elle est muette, pour communiquer. Dâun Post-it Ă lâautre dĂ©filent des sĂ©quences graphiques imbriquĂ©es par une ingĂ©nieuse construction narrative. Le canevas du rĂ©cit se tisse sur trois plans : dans la tĂȘte de ZĂ©lie en train de fabriquer une boĂźte Ă images magique, dans un scĂ©nario de film et dans la vie racontĂ©e des personnages. Ceux-ci, tous trĂšs farfelus, sont attachants dans leur quĂȘte respective dâamour. Un folioscope trĂšs rĂ©ussi, loufoque, drĂŽle, Ă©mouvant, féériquement poĂ©tique qui donne envie de tourner encore et encore la manivelle.  (C.H. et C.B.)
