L’arbre nu

KEUM SUK Gendry-Kim

Kyung est une jeune fille de 20 ans. Elle habite un quartier populaire de Séoul avec sa mère rendue dépressive par la succession de drames qui ont touché la famille. Nous sommes en 1950 en pleine guerre de Corée. Kyung travaille dans un magasin réservé aux soldats de l’armée américaine. Elle y tient une échoppe où des peintres sans grand talent peignent des foulards soi-disant en soie pour les GI qui les envoient en cadeau à leurs petites amies ou compagnes restées au pays. Jusqu’au jour où un nouveau peintre rejoint la boutique. OK Heedo a manifestement du talent et il ne la laisse pas indifférente. 

L’Arbre Nu est un roman graphique en tous points singulier. Adaptation d’un roman très connu en Corée par une dessinatrice coréenne, cet album plonge le lecteur dans la vie quotidienne d’une jeune fille pendant la guerre tiraillée entre son désir d’émancipation et le poids de sa culture alourdi par les traumatismes multiples qu’elle a dû endurer. Cette fresque coréenne offre de multiples angles de lecture : roman d’un amour contrarié, chronique sociale mettant en lumière les ravages psychologiques engendrés par la guerre, vertus thérapeutiques de l’art et bien d’autres encore. Si l’ambiance est pesante, les sentiments n’en sont pas moins évoqués avec subtilité et beaucoup de sensibilité. Le dessin très personnel tout de noir et blanc si ce n’est quelques reproductions de tableau du peintre Park Soa Keun, se rapproche parfois du style des grands mangakas par la précision du coup de crayon. La lecture de cet album ne peut pas laisser indifférent.