La voisine de palier

TROYAT Henri

Deux voisines de palier écrivent leur journal et font successivement le récit de leur étrange amitié. Elle vivent seules toutes deux et font connaissance à l’occasion d’un accident de santé survenu à Appoline, soixante cinq ans, qui reçoit les soins attentifs d’Étiennette, actrice sans grand talent et plus très jeune. La première, d’une intelligence sournoise et perverse, essaie de tirer tout le profit possible de la seconde, généreuse, relativement fortunée et assez sotte. Mais l’innocence n’est-elle pas capable elle aussi de glaner ses miettes de bonheur ?

 

Dans ce quatrième roman publié après sa mort, l’auteur (La perruque de Monsieur Regnard, NB janvier 2011) aborde non sans une certaine tendresse le thème de la solitude et de la vieillesse. Les arrière-pensées, les calculs égoïstes, les satisfactions mesquines d’Appoline face aux illusions naïves et aux déceptions d’Étiennette sont traitées avec un détachement un peu cruel, mais qui n’exclut pas l’humour. Son personnage n’est cependant pas très crédible et on ne peut que rester perplexe devant une fin qui n’en est pas une. Comme si ce court roman ne voulait pas se conclure sur une note trop pessimiste.