Là où commencent et s’achèvent les voyages

SHAMSIE Kamila

En juillet 1914, Vivian, jeune archéologue anglaise, rejoint des fouilles anatoliennes, dirigées par Tahsin Bey, un ami turc. Ils s’aiment (enfin presque) et décident de chercher ensemble, plus tard, un diadème enfoui près de Peshawar, donné par Darius à un explorateur. La guerre éclate. Vivian regagne Londres, soigne les blessés, quitte cet enfer pour Peshawar où elle espère retrouver l’ami et le diadème. Là-bas, sans nouvelles de Tashin Bey, elle éduque quelque temps un gamin pathan, retourne à Londres. Elle revient à Peshawar en 1930, au moment des premières révoltes pour l’Indépendance… Ce roman est plein à craquer ! Côté archéologie, les citations, les notations érudites abondent, sans pédanterie, portées par l’ardeur de l’héroïne, une surdouée un brin irritante pour sa tranquille arrogance anglaise. Son parcours, marqué par le fossé colonisateurs/colonisés, éclate d’une couleur locale intelligemment nuancée, restituant cultures, mentalités et comportements, côté pachtoune et anglais. Aux deux bouts de l’Histoire, la bataille d’Ypres, les débuts de l’indépendance indienne font souffler un vent épique sur une intrigue tumultueuse, accidentée, maintenue cependant jusqu’à un paroxysme final (parfois difficile à débrouiller). Kamila Shamsie, Pakistanaise vivant à Londres, vibre d’énergie créatrice. (M.W. et M.-N.P.)