La fille

MARTY Éric

« Claudie », celui qu’on appelait La fille, Ă©chappe Ă  ses tourmenteurs et, le lendemain, commence un strip-tease devant de nombreux hommes du village, Ă  l’auberge de Landon. Un jeune homme, grĂące auquel elle/il a Ă©chappĂ© Ă  ses poursuivants et qui se pense amoureux d’il/elle, se souvient de son arrivĂ©e, dix ans plus tĂŽt, dans ce village perdu Ă  l’extrĂȘme nord de la France, de leur rencontre, de leur maĂźtre d’école, M. Schwul : il veut raconter Claudie. Le lieu est vague, l’époque incertaine, les rapports entre le narrateur et la fille/garçon ambigus. Pourtant Landon, village qui se meurt, ses habitants et leur bestialitĂ©, les amours du narrateur, la vie de Claudie – dont le vĂ©ritable prĂ©nom n’est jamais dit –, happent et hantent, pitoyables et cruels avec leur lot de dĂ©sirs, de contradictions et de violence meurtriĂšre. Éric Marty, dont La Fille est le troisiĂšme roman, est universitaire, spĂ©cialiste de Barthes. En une Ă©criture tout en nuances, riche et sensuelle, il dĂ©taille et dĂ©sagrĂšge un univers saturĂ© d’odeurs, de brouillard et de pluie, entre rĂȘve et rĂ©alitĂ©s crues. Un texte fort et dĂ©rangeant qui ne peut laisser indiffĂ©rent. (C.P. et A.Be.)