La Ferme d’en haut.

RAGON Michel

Gustave se sent vieux depuis qu’il a dĂ©crochĂ© ses quatre-vingts ans. Il vit toujours dans sa ferme plutĂŽt isolĂ©e en compagnie de son fils aĂźnĂ© et de sa bru ; le fils cadet, Ernest, a rejoint la coloniale et n’a pas donnĂ© de ses nouvelles depuis bien longtemps. Mais un jour la vie Ă  la ferme, monotone et rude, est profondĂ©ment chamboulĂ©e par le retour du soldat accompagnĂ© d’une volumineuse jeune femme en boubou « nouĂšre, vraiment nouĂšre », qui va peu Ă  peu trouver sa place et troubler les esprits. Ernest abandonne volontiers les travaux des champs, plus attirĂ© par le village et sa forge dont le martĂšlement lui rappelle le tam-tam de la forĂȘt. Insensiblement l’atmosphĂšre familiale se dĂ©tĂ©riore et le drame Ă©clate.

 

En quelques pages et quelques mots Ă©vocateurs, tout est dit : une vie rurale tout entiĂšre consacrĂ©e aux bĂȘtes et aux champs, puis la naissance de sentiments jusque lĂ  inconnus. AprĂšs la biographie de Gustave Courbet (NB avril 2004), Michel Ragon dĂ©crit avec une grande simplicitĂ© d’Ă©criture et une grande efficacitĂ© choses et gens d’un monde dĂ©passĂ©.