La ballade de Lucienne Jourdain

FORGIARINI Tullio

Lucienne a 67 ans et vient d’ĂȘtre opĂ©rĂ©e du cƓur. Moment dĂ©cisif dans sa vie de femme et d’épouse de Victor, moment de lucidité . Elle dĂ©cide de mener sa vie comme elle l’entend : elle mangera autant de religieuses qu’elle veut et passera son permis de conduire. SitĂŽt dit, sitĂŽt fait. Et ce n’est que le dĂ©but
.

Un roman pertinent qui montre par petites touches, apparemment anodines, les marqueurs de l’enfermement consenti de Lucienne : « Victor s’est occupĂ© de tout ». À quoi tient la soumission de l’une aux normes pratiquĂ©es par l’autre !  Un roman trĂšs drĂŽle en mĂȘme temps quand on suit le chemin que parcourt Lucienne sur le chemin de la libertĂ©, avec un clin d’Ɠil Ă  Thelma et Louise et Ă  Marianne Faithfull. L’exergue, en forme de dĂ©dicace, nous prĂ©pare Ă  l’action : « Pour toutes les femmes qui, Ă  un moment ou Ă  un autre, ont eu envie de tuer un homme ». Et l’incipit donne le ton : « Tout ça, c’est la faute du cochon ! J’en suis persuadĂ©e maintenant ». Les rĂ©parties de Lucienne sont source d’amusement pour le lecteur qui ne cherche pas dans ce texte bref le sĂ©rieux du sociologue et qu’amusent toutes les entorses Ă  la biensĂ©ance et Ă  la vraisemblance dans ce rĂšglement de compte outrancier avec la vie. (C.B et T.R) Â