Germania

SCHMIDT Joël

Tobie et Cornélia von Hassel, vieille noblesse terrienne de Poméranie, épouvantés par la montée du nazisme, émigrent en France, achètent un château et des terres où ils s’efforcent de créer une Germanie idéale. Leur fille étudie à Paris la littérature française et épouse un chercheur français fasciné par la culture allemande. Ils travaillent de concert. Leur fils, Gunther, héritier des deux cultures, en est violemment meurtri. Il finit par opter pour l’appartenance allemande et, perdant tout sens des réalités, s’adonne dans une sorte de folie aux vertiges du romantisme allemand.  Une démarche très intellectuelle de la part de Joël Schmidt, meilleur historien que romancier (Les amants, NB janvier 2014). Les personnages, sans épaisseur véritable, sont prétexte à une revue, menée au galop, de l’histoire de l’Allemagne et des relations franco-allemandes de 1900 à nos jours. L’auteur chante avec un certain lyrisme la culture et le romantisme allemands dont il est épris et renoue avec ses thèmes favoris, la gémellité et les arrachements dûs à une double appartenance culturelle. Mais sa quête d’une Allemagne idéale, lavée de toute faute, induit des scènes frisant le ridicule. (M.F. et A.Be.)