Furia

ROY Thomas

À la mort de Louis XI en 1483, son fils Charles VIII lui succĂšde et sa fille Anne de Beaujeu, duchesse de Bourbon, son aĂźnĂ©e, assure la rĂ©gence. Elle fait face Ă  des rivalitĂ©s seigneuriales. À la tĂȘte des conjurĂ©s se trouve son beau-frĂšre Louis, duc d’OrlĂ©ans, Ă©poux de sa sƓur Jeanne. Renverser la rĂ©gente est son objectif. Celle-ci mĂšne la lutte contre la Bretagne, alliĂ©e de Louis II, au cours de plusieurs siĂšges (Ancenis, Nantes). Les princes seront dĂ©faits, il y a 6 000 victimes et, aprĂšs trois ans de rĂ©sistance, le mariage d’Anne, duchesse de Bretagne, avec le roi scellera l’alliance de cette province Ă  la France.

Dans ce premier roman, l’auteur inaugure, avec audace, une nouvelle forme de roman historique. Le roi, parfait antihĂ©ros, adore faire des ricochets, se lance dans une campagne d’Italie sur l’appel d’un pape qui lui promet le royaume de Naples et rĂȘve de croisade. Sa sƓur, rĂ©gente, exerce le pouvoir au plus prĂšs des rĂ©alitĂ©s, veut tenir compte des États GĂ©nĂ©raux et s’oppose Ă  son exaltation. Le trio des femmes (sƓurs et reine) marque une belle dĂ©termination. C’est un point de vue original qui est adoptĂ©. Les personnages interpellent souvent le lecteur pour lui indiquer un angle de vision, un cadrage, un contrechamp qui imposent la rĂ©fĂ©rence Ă  l’image cinĂ©matographique ou Ă  la mise en scĂšne. Les anachronismes (stylo, mots croisĂ©s) amusent. Le style est enlevĂ©, Ă©maillĂ© d’expressions contemporaines familiĂšres, les dialogues assez percutants. L’utilisation des vers libres souligne des confidences poĂ©tiques. Un ouvrage qui ne manque pas de saveurs ! (J.D. et A.Be.)