Du génie français

DEBRAY Régis

Régis Debray (Madame H., NB décembre 2015) nous fait croire que l’État cherche quel nom d’écrivain donner au pavillon français d’une prochaine exposition universelle, nom qui devrait évoquer le génie national comme celui de Shakespeare le ferait pour les Britanniques. Un premier gallup aurait donné comme résultat Stendhal loin devant Hugo. Debray, après avoir dit son dépit de n’être consulté qu’en un deuxième temps, apporte sa contribution fictive dans son style très caractéristique de polémiste. C’est un réquisitoire. Donc violent, parfois drôle, pas toujours convaincant mais en tout cas brillant. Il invoque la nécessité de l’éthique et d’une vision du futur. Elles sont absentes chez Stendhal. Il choisit Hugo. Il montre aussi la pauvreté des tirages de l’édition littéraire en comparaison de ceux, phénoménaux, du box office pour la production de certains chanteurs tel Halliday. Ce petit opuscule mené avec fougue étonne et ravit le lecteur qui l’entend comme la plaidoirie d’un impétrant habile du concours d’éloquence du Barreau.  (J.M. et C.R.P.)