Désolations

VANN David

Gary et Irène : un couple ordinaire. Elle est à la retraite depuis peu. Lui, spécialiste de littérature, a toujours préféré vivre au contact de la nature. Mark et Rhoda, leurs deux enfants, sont indépendants. À la fin de l’été, Gary décide, caprice ou défi, de construire une cabane sur Caribou Island avec l’intention de passer l’hiver dans cet endroit fantomatique. À contre coeur, malgré des migraines incessantes, Irène s’attelle à l’entreprise chimérique de son compagnon. Mais le temps se dégrade, le froid polaire s’installe.

 

Le drame qui couve doit éclater et c’est le talent de l’auteur (Sukkwan Island, NB mars 2010) d’en assurer la mise en scène implacable, en Alaska encore, magnifié par une prose raffinée. La forêt, le temps, les eaux glacées du lac, autant d’éléments bien réels qui contribuent pourtant à créer une atmosphère surréaliste : il faut dépasser l’apparence, l’essentiel est ailleurs ! La tension monte, on assiste, spectateur impuissant, à l’enfermement psychologique du couple, entre provocations, punitions et rancoeurs ; sentiments et névroses s’enchevêtrent. Le rythme du phrasé colle à l’action : les pulsations d’un coeur qui bat, vite, trop vite, puis ralentit… jusqu’au silence. Une nouvelle leçon de littérature, nourrie de la désolation humaine.