Seul survivant de lâOlympe quand les chrĂ©tiens en eurent affamĂ© les occupants, HĂ©phaĂŻstos survit en terre humaine, plusieurs siĂšcles durant, condamnĂ© Ă se cacher, dans un monde qui ne croit plus en eux. Il tient la chronique Ă©crite dâune errance de plusieurs siĂšclesâŠ
Un point de vue surprenant, Ă rebours de la chronologie narrative habituelle, un narrateur moins connu que dâautres Ă lâaffiche mĂȘme de la mythologie, qui ouvre le rĂ©cit : « Je suis affamĂ©. Câest Ă ce moment prĂ©cis que commence cette histoire », celle de la confrontation dâun Olympien aux valeurs et interdits du monothĂ©isme chrĂ©tien, en Sicile, dĂšs le VIIe siĂšcle de notre Ăšre. Le personnage que construit Joan-Lluis Lluis, Ă la hauteur de son Ă©rudition, est un composĂ© dâautodĂ©rision, de ruse, de nostalgie, pour vivre au mieux, en milieu hostile, sa dĂ©chĂ©ance. Câest aussi  une maniĂšre trĂšs habile de mettre en perspective les religions dâaujourdâhui et les mythes dâhier, dans leur relation au pouvoir, Ă la violence, Ă la barbarie. Sans dĂ©voiler le dĂ©nouement, câest aussi une rĂ©flexion dâhumaniste sur ce que lâHomme peut quand lâempathie lâemporte. ĂmaillĂ© dâanecdotes touchantes ou drĂŽles, lâEtna en toile de fond, ce roman se lit avec autant de plaisir que les plus belles pages de Sophocle, dâOvide ou de Virgile. Câest passionnant. (C.B et M.TD)
