Choses que je croyais perdues

MÉLOIS ClĂ©mentine

Il l’appelait Lily, elle l’appelait Ourson. AprĂšs sept ans de vie commune, ou presque, Ă  genoux dans son appartement, Emilie trie et emballe des objets chargĂ©s de leur histoire du temps oĂč ils s’aimaient. De cet amas de choses dĂ©risoires, elle exhume des souvenirs, remonte les parcours, rĂ©veille de vieux savoirs.

Artiste plasticienne, longtemps membre de l’Oulipo, ClĂ©mentine MĂ©lois tire de cette expĂ©rience de vie ordinaire un roman plein de fantaisie mĂȘlant pensĂ©es intimes et rĂ©flexions savantes. Outre son lĂ©ger syndrome de DiogĂšne qui lui fait conserver vingt et un pots de confiture ayant partagĂ© ses petits-dĂ©jeuners et sa seule compĂ©tence de savoir plier les draps housses, la jeune femme est capable de disserter sur la gravure polychrome Ă  encrages simultanĂ©s ou sur l’épopĂ©e de Saint Louis. L’esprit dĂ©rive et le dĂ©veloppement sur la pelle creuseuse, objet de convoitise des bacs Ă  sable, est un moment savoureux. C’est un livre de petits riens, un livre qui prĂȘte Ă  sourire face Ă  une naĂŻvetĂ© confondante ; un livre qui manie l’autodĂ©rision quand le chagrin est proche. Cette traversĂ©e existentielle qui commence avec un verre Ă  moutarde et se termine avec un rouleau d’essuie-tout adopte, en chapitres courts, une Ă©criture douce-amĂšre au service de la mĂ©moire. Le ton est malicieux, la lecture vagabonde, sensible et distrayante (Maje et J.D.)