EncombrĂ©e de Maxou, un malinois ingĂ©rable, Marie arrive Ă FĂ©camp. Elle a quittĂ© Berlin pour y vivre aprĂšs la mort accidentelle de son mari. AccablĂ©e de chagrin, elle se donne pour devoir de sortir le chien, sâautorise le rhum pour sâencourager et sâingĂ©nie Ă Ă©viter ses voisins. Car le lieu lâaccable : le port a perdu son Ăąme et les gens du coin, peu ouverts, la consternent. Pourtant un champ de possibles va sâouvrir au grĂ© de ses dĂ©ambulations, des frasques de Maxou et de ses rencontres.
Le deuil dâun intime et lâesquisse de la renaissance sont brossĂ©s avec lâhumour Ă©lĂ©gant du dĂ©sespoir : dĂšs lâarrivĂ©e de la jeune veuve en pays cauchois, le lecteur hĂ©site entre compassion et rire. Les dĂ©couvertes Ă pied zigzaguent dâabord aux cĂŽtĂ©s du chien qui apprend Ă vivre sans son maĂźtre disparu, jusquâĂ ce que la femme reprenne la main de belle façon, inspirĂ©e par les vers de Victor Hugo. La description des falaises et de la campagne environnante, la nouvelle gĂ©ographie dâune petite ville qui garde les traces de son passĂ© et lâinventivitĂ© des habitants pour accompagner la mutation urbaine sont convaincantes. Un roman en CĂŽte dâAlbĂątre qui se lit dâune traite, trĂšs drĂŽle et plein dâespoir. (J.H. et C.M.)
