Chemin des falaises

RICHARD Jennifer

EncombrĂ©e de Maxou, un malinois ingĂ©rable, Marie arrive Ă  FĂ©camp. Elle a quittĂ© Berlin pour y vivre aprĂšs la mort accidentelle de son mari. AccablĂ©e de chagrin, elle se donne pour devoir de sortir le chien, s’autorise le rhum pour s’encourager et s’ingĂ©nie Ă  Ă©viter ses voisins. Car le lieu l’accable : le port a perdu son Ăąme et les gens du coin, peu ouverts, la consternent. Pourtant un champ de possibles va s’ouvrir au grĂ© de ses dĂ©ambulations, des frasques de Maxou et de ses rencontres.

Le deuil d’un intime et l’esquisse de la renaissance sont brossĂ©s avec l’humour Ă©lĂ©gant du dĂ©sespoir : dĂšs l’arrivĂ©e de la jeune veuve en pays cauchois, le lecteur hĂ©site entre compassion et rire. Les dĂ©couvertes Ă  pied zigzaguent d’abord aux cĂŽtĂ©s du chien qui apprend Ă  vivre sans son maĂźtre disparu, jusqu’à ce que la femme reprenne la main de belle façon, inspirĂ©e par les vers de Victor Hugo. La description des falaises et de la campagne environnante, la nouvelle gĂ©ographie d’une petite ville qui garde les traces de son passĂ© et l’inventivitĂ© des habitants pour accompagner la mutation urbaine sont convaincantes. Un roman en CĂŽte d’AlbĂątre qui se lit d’une traite, trĂšs drĂŽle et plein d’espoir. (J.H. et C.M.)