Charlotte et moi ; 2

CLERT Olivier

Jamais l’un sans l’autre: Dieu sait pourtant qu’ils sont différents ! Arrivés au but de ce qui a commencé par une fugue, Gus, tout petit, mène, tire, pousse et traîne l’énorme Charlotte à travers la foule anonyme et indifférente qui arpente les rues et les couloirs du métro parisien. Où vont-ils exactement avec leurs pauvres petits indices de rien du tout : le savent-ils seulement eux-mêmes ?  Ce vagabondage plein de tendresse et de rêves naïfs est à la fois errance et quête. Les silences tiennent une grande place entre ces deux âmes amies et compagnes de misère à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Cette non profusion de parole exprime parfaitement ce qui lie et pousse ces deux personnages improbables, séduisants dans leur extrême «pauvreté»,  attendrissants dans leurs pudeurs, convaincants dans la foi en leurs espoirs impossibles. Le trait rond et épuré, les couleurs et les lumières, tout y est pour qu’on ne les lâche pas et qu’on aille avec eux jusqu’au bout du chemin, où charme et émotion se tiennent la main aussi fort que Gus et Charlotte. (M.-F.L.-G.)