Bonne nuit !

PRATT Pierre

Tous les soirs, quand il rentre chez lui, fatigu√© (et en plus il habite au 96e √©tage sans ascenceur), ce monsieur dit bonsoir √† son chapeau en le posant, ¬ę¬†√† demain¬†¬Ľ √† sa veste en l’accrochant, ainsi qu’√† sa cravate et √† sa ceinture quand il les √īte, etc. On l’aura compris, ce monsieur est tr√®s poli avec ses v√™tements. Quand il va se coucher, le c√©r√©moniel reprend: bonne nuit aux dents -passe encore-, mais ensuite √ßa se g√Ęte : il enl√®ve sa jambe gauche, puis la droite…

Voil√† un petit cartonn√© qui commence doucement, un peu √©trangement certes, mais pourquoi pas. Des bonshommes toqu√©s, on en a d√©j√† vu. Au fur et √† mesure, la folie douce est remplac√©e par l’absurde, et la question devient : jusqu’o√Ļ ira-t-il? Le gag final est √† la hauteur de cette mont√©e dans le surr√©alisme. Le dessin, simple et soign√©, limite le d√©cor √† l’essentiel, dans des couleurs chaudes et douces de jaunes et de rouges. Home sweet home… ou presque. Une d√©licieuse friandise.