Ananke

LE GALLI Michaël, MADRID Erwin

Lilou se sent abandonnée car sa mère est toujours à l’hôpital, et la vieille Anita vit en solitaire dans sa maisonnette. Un matin sur la plage, elles se découvrent, et leur relation commence difficilement, quand, soudain, un miroir d’eau les happe. Les voilà embarquées dans un étrange voyage ; est-ce le dernier pour Anita ? La Mort, lasse de son métier, leur donne leur chance. Le danger unit les deux solitudes de Lilou et Anita, qui doivent maintenant affronter une troisième entité, l’accusateur, un être monstrueux, capable de les mettre face à leurs hontes, à leurs lâchetés les plus secrètes. Dans les bras l’une de l’autre, leur confiance mutuelle leur permettra de retourner à la vie.

 

Les amertumes de la vieillesse sont décrites dans un étonnant dialogue entre l’arbre mort et Anita enserrée dans ses branches. Le léger fantôme de sa mère suffit à réveiller l’amour profond de Lilou. Le magnifique graphisme sur ordinateur, lisse, aux teintes sourdes, concourt à créer une atmosphère étrange. De très sobre manière, le texte et l’image jamais impressionnante, souvent légèrement brumeuse, rendent compte de l’évolution des relations entre les deux héroïnes. Elles sont la clef qui leur permet d’échapper à l’Ananke, personnification dans la mythologie grecque de la destinée, la nécessité inaltérable et la fatalité.