Ah, Varsovie… !

HENRICH Stéphane

Varsovie : le petit tailleur juif en rĂȘvait le jour et la nuit. Le voilà qui quitte son village oĂč il vivait heureux avec femme et enfants pour rejoindre, Ă  pied, l’objet de son dĂ©sir. Les journĂ©es dĂ©filent, trĂšs inĂ©gales en termes de paysages et d’accueil, mais chaque soir, c’est le mĂȘme rite : Ă  chaque Ă©tape, il prend bien soin de tourner ses chaussures dans la direction de LA Ville pour n’avoir plus qu’à sauter dedans le lendemain matin.

 

Les aquarelles aux tons soutenus, le trait alerte et sans complaisance crayonnĂ© de noir scĂ©narisent avec humour et rĂ©alisme une galerie de personnages qui bons, qui moins, rencontrĂ©s par le hĂ©ros dans sa pĂ©rĂ©grination. La chute, pour le moins inattendue et dĂ©stabilisante, de ce conte yiddish, fera rĂ©flĂ©chir sur la force du dĂ©sir, et l’incontournable besoin de l’homme, fĂ»t-il heureux, de toujours poursuivre un rĂȘve et parfois cĂ©der aux illusions inhĂ©rentes Ă  celui-ci. MalgrĂ© la platitude d’un texte souvent minimaliste, sans vraie valeur ajoutĂ©e, les enfants riront de cette histoire subtile. MĂȘme s’ils s’arrĂȘtent au premier degrĂ© de cet Ă©trange Ă©pisode aux apparences de gag, ils en retiendront le « coup des chaussures » et la saveur de ce rĂ©cit Ă  l’envers et Ă  l’endroit. Â