Acouphène

PINTO Emmanuel

1982. Soldat israélien, Pini est enrôlé pour le Liban. Lorsque son camarade de combat est atteint par un tir, Pini se trouve face à un enfant, arme pointée vers eux. Il dégaine. L’enfant meurt. Depuis, cette mort résonne dans ses oreilles, douloureux et mortifère acouphène… Jean Genet est à Beyrouth, chez Leila Shahid, présidente des étudiants palestiniens, invité pour témoigner. Il est vieux, malade, obsédé par le souvenir d’un Palestinien autrefois aimé. Après les massacres de Sabra et Chatila, il pénètre dans Chatila… À Jérusalem, la mère de Pini follement inquiète pour ses fils, s’enferme, leur écrit de revenir, délire… Trois chapitres pour ce court roman basé sur des faits historiques dramatiques. Deux lancinants monologues intérieurs encadrent le récit central. Avec un lien très fort : c’est la guerre, ses dommages collatéraux, sa réalité pour celui qui la vit ou celui qui la regarde. Car, à des titres divers, la mémoire, le regard ou les projections des trois héros sont incertains. Pour mieux montrer l’ambivalence de la vérité, l’auteur organise le brouillage, fragilise les identités des personnages, multiplie les styles d’écriture. Une confusion voulue qui rend troublante, parfois malaisée, la lecture de cet ouvrage brûlant.