Ă la mort de Louis XI en 1483, son fils Charles VIII lui succĂšde et sa fille Anne de Beaujeu, duchesse de Bourbon, son aĂźnĂ©e, assure la rĂ©gence. Elle fait face Ă des rivalitĂ©s seigneuriales. Ă la tĂȘte des conjurĂ©s se trouve son beau-frĂšre Louis, duc dâOrlĂ©ans, Ă©poux de sa sĆur Jeanne. Renverser la rĂ©gente est son objectif. Celle-ci mĂšne la lutte contre la Bretagne, alliĂ©e de Louis II, au cours de plusieurs siĂšges (Ancenis, Nantes). Les princes seront dĂ©faits, il y a 6 000 victimes et, aprĂšs trois ans de rĂ©sistance, le mariage dâAnne, duchesse de Bretagne, avec le roi scellera lâalliance de cette province Ă la France.
Dans ce premier roman, lâauteur inaugure, avec audace, une nouvelle forme de roman historique. Le roi, parfait antihĂ©ros, adore faire des ricochets, se lance dans une campagne dâItalie sur lâappel dâun pape qui lui promet le royaume de Naples et rĂȘve de croisade. Sa sĆur, rĂ©gente, exerce le pouvoir au plus prĂšs des rĂ©alitĂ©s, veut tenir compte des Ătats GĂ©nĂ©raux et sâoppose Ă son exaltation. Le trio des femmes (sĆurs et reine) marque une belle dĂ©termination. Câest un point de vue original qui est adoptĂ©. Les personnages interpellent souvent le lecteur pour lui indiquer un angle de vision, un cadrage, un contrechamp qui imposent la rĂ©fĂ©rence Ă lâimage cinĂ©matographique ou Ă la mise en scĂšne. Les anachronismes (stylo, mots croisĂ©s) amusent. Le style est enlevĂ©, Ă©maillĂ© dâexpressions contemporaines familiĂšres, les dialogues assez percutants. Lâutilisation des vers libres souligne des confidences poĂ©tiques. Un ouvrage qui ne manque pas de saveurs ! (J.D. et A.Be.)
