Bérengère Cournut raconte l’histoire d’une enfant de Patagonie, Eskera. Le récit s’apparente à un conte initiatique, un mythe fondateur. Eskera n’est pas née au sens où cela est compris, tout comme elle ne peut pas mourir : elle traverse le temps. Dans son sillage, l’âme de son grand-père, un glacier, une baleine, une vague : moult personnages s’adressent au lecteur. Eskera franchit ainsi les siècles, traverse les territoires, découvre les coutumes, croise des tribus, est emportée par une vague, avalée par un glacier, surprise par l’irruption d’hommes et de navires venus d’ailleurs. Sous le regard vigilant de son grand-père, Eskera fait le lien, porteuse de transmission, elle suit l’évolution et la transformation des siens. Un jour, elle commence à laisser une trace sur le sol. Va-t-elle disparaître ?
Les différentes entités sont personnifiées, incarnées ou désincarnées, les glaciers vêlent, les forêts bougent, les squelettes se déplacent. L’autrice nous immerge dans la culture et les traditions des ces peuples indigènes. Oscillant entre prose et poésie, l’écriture nous emmène sur un manège du vivant et de la nature des plus spectaculaires. (I.J. et P.H.)
