Assis là sur la plage

GITTON Hugo

Une île, Mageley, un bourg du même nom ; non loin, la Grande Île ; plus loin, le Continent. C’est une île imaginée, très vite familière : une plage, un port et ses vieux fileyeurs. Jacques est l’un d’eux, qui pêche tous les jours et regarde la mer, assis sur la plage. Un îlien taiseux, volontiers bougon, toujours accompagné de son chien, Woof, qui se fait vieux, lui aussi. Il vit séparé de Barbara, son épouse, libraire du bourg. Leur fille, Mélusine, étudiante sur le Continent, vient pour les vacances.

Des uns aux autres, le temps d’un roman et son pesant de vie. La vie d’un monde qui  bascule : Jacques se souvient du temps où « ça payait », où « ça recrutait ». Un « ça » disparu à l’usure et Mageley grignotée par la modernité. Morsure de la nostalgie ? Pire, un indicible que le bord de mer rappelle inexorablement : cimetière marin habité des images insupportables de ceux puis de celle qu’il n’a pu sauver, une vie désormais invivable. Barbara, en contrepoint, construit pour et avec Mélusine, un refus de l’inconsolable. L’architecture du roman tient au tissage subtil de ces deux forces antagonistes : vie et mort. Tout lecteur a « son » Mageley, qui le fera aimer celui-ci. Et céder au charme de la langue. Un bonheur de lecture.  (C.B et J.G)