Un mystérieux virus, le Fatum, affecte les enseignants les uns après les autres, les rendant végétatifs et incapables de parler. Reverdy est envoyé par le ministère de l’Éducation pour enquêter sur le terrain. Il assiste des mois durant aux cours de français de madame Boukary, professeure haute en couleur et très investie.
Par ce biais original, Caroline Hinault, agrégée de lettres modernes, nous fait pénétrer au cœur d’une classe de seconde. Fasciné, tout comme le jeune cadre du ministère, par la personnalité de cette enseignante enthousiaste, on assiste à ses cours de littérature. Dans le chaos ambiant causé par l’épidémie, les services publics se délitent mais celle-ci, passionnée, tient bon, convaincue que les belles lettres, si exigeantes soient-elles, sont source d’émancipation et de plaisir. Elle les aime ses élèves, tous si différents et, en proposant des méthodes originales d’étude, les pousse vers le haut. La fiction, toujours teintée d’humour, alerte une fois de plus sur les faibles moyens donnés aux professeurs pourtant si nécessaires et s’inquiète de l’appauvrissement du langage, fondement de toute humanité et rempart contre les vérités toutes faites. Extraits de romans ou de poèmes, séances de théâtre ou de lecture, ateliers d’écriture, portraits d’élèves et de professeurs, sentiments humains rythment ce patchwork enlevé et donnent à réfléchir sur la place de premier plan que devrait être accordée à l’éducation. Un bel hommage à la langue française. (A.-M.Gi. et M.-N.P.)
