La folie nous guette, mon amour

BONGRAND Caroline

En 2025, Clara Minot, trente-sept ans, costumiĂšre de cinĂ©ma, attend l’amour. À une exposition « Vienne annĂ©es 30 », un couloir la conduit inopinĂ©ment en 1937 dans le quartier juif de la ville. Franz Brenner, homme bien Ă©levĂ©, sympathique et parlant français, frappĂ© par sa beautĂ©, lui offre son aide pratique au quotidien jusqu’à son train de retour Ă  Paris. Leurs liens se resserrent, elle lui dĂ©voile le futur, notamment l’Anschluss et l’holocauste, et les grands amoureux dĂ©cident de sauver des vies.

Caroline Bongrand a choisi d’évoquer la tragĂ©die des juifs europĂ©ens avec lĂ©gĂšretĂ© et romantisme, chaque protagoniste se racontant en alternance. La dĂ©sorientation de la jeune femme reculant de presque un siĂšcle dans un lieu non familier, avec pour seuls repĂšres les souvenirs de ses Ă©tudes et des films qu’elle a vus, est pleine d’humour : euros inutiles, allure vestimentaire incongrue, tĂ©lĂ©phone en fin de charge, habitudes de confort, libertĂ© fĂ©minine dĂ©rogeant aux conventions corsetĂ©es de l’époque, tout prĂȘte Ă  sourire. En contrepoint, l’incrĂ©dulitĂ© de la communautĂ© juive devant l’horreur annoncĂ©e, son attachement au lieu de vie et aux proches, son angoisse de l’exil et sa rĂ©signation Ă©meuvent. Avec ses rĂ©fĂ©rences Ă  H.G. Wells, Billy Wilder ou David Bowie, un roman trĂšs agrĂ©able Ă  lire, et une belle histoire d’amour. (J.H. et A.-M.G.)