Cette histoire se passe là où rien ne se passe… à Mouais, une petite ville que les jeunes ont quitté pour travailler ailleurs et où les vieux sont morts. Ceux qui y restent ont simplement oublié de partir. Mais Fanny débarque en ville… La comédienne compte bien glaner les histoires de chacun pour en composer un spectacle de rue. Sauf qu’à Mouais, on ne parle pas d’intime, et encore moins les hommes.
Et certainement pas François. Son mètre quatre-vingt-quinze vouté sur une quarantaine bien tassée et son incapacité à terminer une phrase, François est pourtant chargé d’accompagner l’étrange projet. A moins que, justement, il ait lui aussi des secrets qui ne demandent qu’à s’échapper ?
« La fragilité des hommes » met un coup de projecteur sur cette pudeur toute masculine qui consiste à ne surtout rien dire, ne rien dévoiler, de peur de trop en montrer et de révéler une facette de sa personnalité qu’on préfèrerait garder secrète. Derrière des grandes gueules se cachent des sensibles. Derrière des timides, des artistes. Encore faut il savoir réveiller ces personnalités.
Bref, Fanny joue le rôle d’un détonateur dans ce petit village perdu de Mouais. Les masques tombent, et la grisaille d’une vie sans émotion prend peu à peu de la couleur. On lit pas à pas les étapes d’une révolution intellectuelle menée par touches subtiles et délicates.
Une ode au théâtre de rue. Et un vrai petit plaisir égoïste de lecteur qui, lui, n’a rien à cacher – bien entendu.
M.C.
