Le zoo, une sortie

TYLER J.A.

Jonah et ses parents parcourent les allées du zoo, une promenade habituelle. Le petit garçon observe autant ses parents que les animaux ! Devant chaque enclos l’enfant revit des souvenirs de tension familiale, s’interroge sur les mensonges et colères de son père, se rassure à la tendresse apaisante de sa mère.

En faisant d’un jeune enfant le narrateur unique du récit, J. A. Tyler crée l’inquiétude chez le lecteur alors que la situation parait banale et a priori heureuse. Mais le père oscille entre des moments de tendresse et des accès de colère imprévisibles. Ses failles se révèlent dans son langage abrupt, brutal, grossier. Son traumatisme est tout juste évoqué par les mots enfantins mais clairvoyants du garçon : la perte récente de son frère, des images qui font penser à une campagne militaire dans un désert. La mère agit comme une figure protectrice et apaisante, bien que souvent impuissante face à la détresse rageuse de son mari. À travers les yeux de Jonah, qui se révèle être un analyste pertinent de la situation, le lecteur est témoin de ses tentatives pour déchiffrer le monde adulte, de ses stratégies de survie psychologique et de ses sentiments de peur et d’invisibilité. Rien n’est clairement révélé, le degré de dangerosité du cadre familial n’est jamais vraiment éclairé. Cette instabilité ressentie donne sa force et son originalité à un roman poignant. (T.R. et J.G.)