Thomas dĂ©couvre, un lendemain dâivresse, que le smartphone posĂ© sur sa table nâest pas le sien, Ă©changĂ© sans doute par inadvertance. Il retrouve la propriĂ©taire mais, si cette derniĂšre lui rend son tĂ©lĂ©phone, elle insiste pour quâil garde le sien et lui transmet ses codes dâaccĂšs. Thomas peut-il entrer par effraction dans la mĂ©moire dâune inconnue ? Le dilemme est vite tranchĂ©âŠ
Romane Monnier a disparu ! Elle a confiĂ© son tĂ©lĂ©phone Ă un inconnu en sâen remettant au hasard. Partant de ce postulat original, Delphine de Vigan, habituĂ©e des sujets contemporains (Les figurants, Les Notes dĂ©cembre 2024), rend compte avec humour et consternation de notre addiction au tĂ©lĂ©phone portable. Son scĂ©nario prend vie grĂące Ă lâarticulation entre la sphĂšre privĂ©e de lâinconnue, progressivement mise Ă jour par la navigation dans ses applications, ses messages et ses enregistrements et la propre histoire du personnage principal… Un vagabondage indiscret qui lui donne « lâimpression de visiter les piĂšces fermĂ©es de sa propre mĂ©moire ». Exposition sur les rĂ©seaux sociaux, questionnement sur les origines et lâhistoire familiale, transformation de nos souvenirs ou besoin de laisser des traces. Elle aborde ces thĂšmes dâune plume alerte, mĂątinĂ©e de mĂ©lancolie lorsquâelle mentionne le dĂ©senchantement et lâanxiĂ©tĂ© des jeunes gĂ©nĂ©rations face Ă leur avenir. Par nos contenus, nous laissons « une empreinte multiple, Ă la fois tenace et volatile ». (Maje et A.-M.G.)
