Éloge de l’imposture

DRACHLINE Pierre

Tous pourris ! Politiciens, hommes d’affaires, banquiers, mais aussi journalistes, intellectuels, enseignants, énarques, éditeurs… sont autant de voyous inféodés aux intérêts économiques et financiers des États ou à la Bourse. Face à eux, une masse grouillante d’ignares qui gobent, « la gueule ouverte », une soupe concoctée par Wall Street et son plus fidèle valet le « IVe Reich ». L’abyssale indigence culturelle hexagonale ne fait que se creuser pour atteindre un point de non retour. Dans ce court essai, publié à titre posthume, l’auteur – éditeur anarchiste et libertaire – (Borinka, NB septembre 2010) reprend ses thèmes favoris. Mais si les formules assassines qui ont fait sa réputation demeurent, cette fois l’humour a disparu. L’ironie tourne au grincement de dents et sa férocité légendaire à l’exécration systématique, donc inopérante. Le misanthrope, malade, se complaît dans un ressassement confus d’idées recuites et un dernier torrent d’injures. Cet esprit contestataire, autrefois affûté, n’envoie là qu’un message stérile, produit de son morbide désespoir. (A.Lec. et A.Le.)