Mon monstre

SELLIER Marie, BUQUET Jean-Luc

Silence, un garçonnet est profondĂ©ment endormi, avec sa peluche, un lapin, qui, lui, ne dort que d’un oeil et prend la parole. Il raconte qu’il possĂšde un monstre trĂšs vilain qui tire la langue, « comme ça », pique des colĂšres, dit non Ă  tout, tape son petit frĂšre, avec dessins explicites Ă  l’appui ; c’est bien son monstre, un lapin rouge aux cornes diaboliques qui lui fait faire toutes ces bĂȘtises.

 

« Ce n’est pas moi, c’est lui » : l’alibi proposĂ© par Marie Sellier semble excellent, avec ce doudou, si vivant, croquĂ© avec humour au milieu des assiettes qui valsent sur un Ă©pais papier crĂšme. Bien sĂ»r le garçonnet profondĂ©ment endormi, blotti sous la couverture revoit sa journĂ©e en rĂȘve mais sous les traits du lapin-doudou qui porte son pyjama Ă  pois. Il est Ă  craindre que la double transposition complique inutilement la lecture ; d’autant que, chez l’enfant, l’image est premiĂšre, et le lapin qui tire une langue bien rouge (comme le ferait son monstre), c’est forcĂ©ment lui, le monstre.