Élie vit dans un cocon familial composé de ses parents et d’une grande sœur qu’il doit quitter pour se présenter au recrutement militaire. Il fait une chaleur écrasante et, au lieu de faire ses préparatifs, il s’obstine à sortir de sa volière Moïse, son oiseau exotique chéri, pour lui faire prendre le frais dans la forêt voisine. Très vite, l’oiseau s’envole et ne répond pas à ses appels. Élie le cherche partout et refuse, malgré les sollicitations répétées des deux femmes, de rentrer à la maison. La nuit tombe.
C’est à Élie que l’auteur donne la parole dans ce conte qui ressasse une pensée obnubilée par la perte de l’oiseau et la nécessité vitale de le retrouver. En refusant d’accepter la fuite de Moïse qu’il prend pour un appel à voler pour le rejoindre, Élie se raccroche à une enfance dont il refuse de sortir tant il est perdu devant le monde des adultes, aux règles incompréhensibles. Des souvenirs, symboles de perte, jalonnent sa route, une grand-mère aimée qu’il recherche dans l’étoile du berger, des pique-niques enchanteurs près de la rivière, sous un noyer qui sera foudroyé… et ce matin, son arbre abattu. Alors Élie continue à chercher Moïse, jusqu’au « milieu de la forêt », jusqu’au bout de la nuit. Le récit, à la ponctuation minimaliste réussie, pulse comme un cœur, reprend la mélopée entêtante et nous touche. Premier roman original et prometteur d’un jeune Suisse. (L.K. et M.Bo.)
