Tout ce qui meurt et agonise

BROMBAL Tate, PHILLIPS Jacob

Jack Chandler est le dernier survivant d’une effroyable apocalypse zombie qui a bouleversĂ© le monde. Mais plutĂŽt que d’Ă©liminer les morts-vivants ou de fuir pour sa vie, Jack a choisi de continuer de vivre au sein de sa communautĂ© agricole rurale — en particulier auprĂšs de son mari et sa fille adoptive, eux-mĂȘmes contaminĂ©s. Mais lorsque des chasseurs de zombies dĂ©barquent en ville avec la ferme intention de la purifier, Jack devient soudainement le seul obstacle entre les membres de sa famille… et ceux qui espĂšrent les tuer une bonne fois pour toutes.

Cette Ă©niĂšme histoire de zombie parvient Ă  renouveler le genre. Ici, les rĂŽles sont inversĂ©s, les monstres ne sont pas nĂ©cessairement ceux que l’on croit, le hĂ©ros protĂšge les zombies des humains et la famille est plus importante que le virus.

On s’attache Ă  la vie dĂ©shumanisĂ©e des zombies, Ă  leur quotidien dĂ©nuĂ©e de volontĂ©, faite d’habitudes, et de ces petits gestes qui les maintiennent presque humains. C’est rare de ne pas voir dans les zombies uniquement de la chair Ă  canon pour les survivants. Ici, les ĂȘtres du passĂ© qu’ils ont Ă©tĂ© continuent de transparaitre, de jouer leur rĂŽle d’interaction avec Jack. Et comble du genre, on en arrive Ă  souhaiter qu’ils ne soient pas massacrĂ©s jusqu’au dernier.

Ce cadre est un excellent prĂ©texte pour aborder assez finement (au-delĂ  de la dimension forcĂ©ment gore du genre) les thĂšmes de l’amour, de l’homophobie, de l’intolĂ©rance et du deuil.

Le dĂ©coupage narratif non linĂ©aire du dĂ©but apporte un vrai plus Ă  l’histoire. On met un peu de temps avant d’imbriquer les piĂšces du puzzle dans le bon ordre, et quand les fils se touchent enfin, il y a le double effet : tout d’abord, le plaisir d’enfin comprendre oĂč l’auteur nous embarque
 mais trĂšs vite ce sentiment est rattrapĂ© par le dĂ©gout de ce que cela implique.

M.C.