Saisons

BLEXBOLEX

Quatre cycles complets de saisons se déroulent, de plus en plus étoffés. D’abord un paysage de campagne, puis des gros plans sur des fruits, légumes, animaux ou objets, et ensuite deux cycles mêlant des éléments et événements naturels ou humains, caractéristiques des saisons, qui se suivent, se répondent, se font écho, se nuancent, s’opposent -ou pas ; comme un coq-à-l’âne de la pensée. Parfois, une action s’épanouit sur une double-page, offrant une respiration (la floraison ou la sieste) ou une palpitation (l’incendie de forêt, le carnaval).  Les sentiments font aussi partie du temps qui passe : la tristesse des arbres nus, l’inquiétude du paysan devant la sécheresse, la liberté de marcher pieds nus l’été. 

À travers cette juxtaposition de micro-événements, mélange d’immuable et de nouveauté, l’auteur donne à sentir avec justesse l’âme des saisons. Avec beaucoup de sensibilité et un grand sens de l’observation, il inscrit les hommes dans la nature, mettant en évidence les interactions. L’illustration se situe dans la continuité de L’imagier des gens (LDM, NB février 2009 ): absence de contours, personnages aux silhouettes épurées façon années 30, en s’enrichissant de décors très travaillés et d’une palette élargie. Le travail sur les couleurs est nuancé, et Blexbolex ne se limite pas aux aplats, introduisant traits, pointillés, effets de flou, avec un grand soin du détail. Cet album remarquable capte toute une vie, le charme en plus.