Penser global : l’homme et son univers

MORIN Edgar

Le titre résume assez bien la thèse d’Edgar Morin. Ce philosophe, ethnologue et sociologue mondialement reconnu, a toujours milité pour une société affranchie des dominations culturelles ou religieuses. Le livre est un exposé de six conférences données récemment où il expose que l’individu est inséparable de son milieu, chaque partie agissant sur l’autre, le « je » s’intégrant au « nous » et inversement. C’est sous cet angle de la globalité qu’il aborde divers sujets. La formation des États, plus stables que les empires, et pourtant menacés par la régionalisation. La mondialisation, dont il reconnaît les bienfaits mais également la nocivité, par le développement de l’individualisme et la destruction des solidarités traditionnelles. L’évolution résulte de déviances souvent bénéfiques, parfois désastreuses, mais toujours inattendues. L’exposé se veut didactique, et l’est d’ailleurs en dépit d’un certain jargon et de redondances. Son ancrage à gauche et dans l’écologie transcende l’ouvrage, mais biaise le débat qu’il souhaite ouvert sur l’avenir de l’humain. (E.G. et C.-M.M.)