Par-delà le consentement

PIMPLIS Evariste

Par-delà le consentement : Evariste Pimplis explicite ce titre dans le bref préambule qui suit : «S’il est clair qu’un non est un non, le oui reste un impensé ». Premier roman d’un jeune auteur et d’une toute jeune maison d’édition !

Roman de l’intime : celui de la rencontre de deux garçons, dans les années 2030, Enzo et Émile. La première partie dessine l’itinéraire du premier. Enzo, pour « être un homme, un vrai » a subi un apprentissage du virilisme, à « mourir de pleurer » . « La promesse de la liberté », troisième volet du roman, dit avec Émile un temps englué dans le statut de victime consentante, l’espoir de sortir de « là ». Deux portraits en miroir, deux analyses fines qui mettent en mots une impasse existentielle et sa sortie possible. Sans fard, le romancier donne à voir l’infinie tristesse de ces exercices de pouvoir et de domination dans la sexualité qui dénaturent jusqu’au plaisir. Roman du social : « L’affaire Enzo »,au cœur du roman, propose habilement une sorte de revue de presse où les points de vue s’affrontent qui enrichit la réflexion conduite par ce texte hybride, entre fiction et philosophie sociale. Ce qui se joue dans l’intimité ne reflète-t-il pas l’organisation de la sphère publique avec, en jeu, la liberté de chacun ?  L’audace de l’écriture parfaitement maîtrisée dans sa crudité  et ses fulgurances poétiques ouvrent l’esprit : le oui n’est plus un impensé.   (C.B et P.H)