Monsieur Ours veut qu’on le laisse tranquille

NOH In-Kyung

Avec sa théière, ses livres et son walkman, Monsieur Ours s’installe sur un banc pour écouter de la musique : il veut être tranquille un bon moment. Vient à passer un lapin explorateur plié sous la charge de son sac à dos, qui se pose pour lui raconter ses aventures. Une lapine danseuse, évincée de son corps de ballet car elle aime trop bouger, s’assied à son tour. Et ce qui doit arriver arrive : trois, puis huit, puis… seize petits lapins viennent perturber la tranquillité du vieil ours. Mais comment faire comprendre à cette bande survoltée qu’il a envie d’un peu de calme ?

 Un seul décor sur le fond grisé : un banc esquissé au trait blanc. Et de fines touches de couleurs où le rouge vif domine. Un peu comme un grand-père dépassé par une progéniture envahissante, l’ours, blanc lui aussi, énorme, se détache sur la page en face des lapins qui rivalisent de vivacité, toujours là où on ne les attend pas. Les identifier et les suivre n’est pas toujours simple, mais le jeu ajoute du piment et de la drôlerie à l’histoire qui, originale et pleine de subtilité dans les attitudes de chacun, pâtit néanmoins de la longueur de ses péripéties. (M.T.)