Miracle à la Combe aux Aspics

TOMIC Ante

Jozo Aspic et ses quatre fils adultes vivent isolés dans la montagne au dessus de Split où ils ne se rendent plus depuis la fin de la guerre serbo-croate, il y a une quinzaine d’années. Tout le monde les a oubliés dans cet endroit déserté, jusqu’à ce que deux receveurs zélés de la compagnie d’électricité découvrent qu’aucune facture n’a été réglée depuis… fort longtemps. Accueillis dans la Combe aux Aspics par des tirs de Kalachnikov, ils sont faits prisonniers. C’est le moment que choisit Krešimir, l’aîné, pour partir à la quête d’une épouse : il s’est souvenu de la belle Lavorka, rencontrée brièvement à la fin de la guerre, jamais revue depuis.

Un western croate mouvementé, aux accents de commedia dell’arte. L’intrusion d’une charmante dans un clan de flingueurs nourris (exclusivement) de polenta, apporte un peu de douceur dans leur monde de brutes incultes, mais les réactions sont diverses. Le père résiste de toute sa mauvaise foi à la perte de son emprise sur ses fils. L’aîné ne tarde pas à faire des émules : ses frères jumeaux profitent d’escarmouches rocambolesques avec la police pour faire à leur tour des rencontres féminines en ville. Les jeunes femmes « importées », peu farouches, pleines de bon sens, n’ont pas besoin de la violence pour dompter les affreux jojos et leur faire changer de style. Le rythme est endiablé, les dialogues sont bien sentis et vifs, voire injurieux (les dames ne sont pas en reste). (T.R et J.G)